Guide Dussert-Gerber du Vin

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samedi 26 avril 2008

Top Puligny-Montrachet

Louis CARILLON et Fils Jacques Carillon 21190 Puligny-Montrachet Tél. 03 80 21 30 34 et 03 80 21 30 75 Fax. 03 80 21 90 02 e-mail : louiscarillonetfils@free.fr www.louis-carillon.com Exceptionnel Bienvenues-Bâtard-Montrachet 2005, un grand vin racé où s’entremêlent les fruits frais et la vanille, de bouche puissante où dominent les fleurs (aubépine, genêt) et le pain brioché, alliant structure et distinction, tout en harmonie, de bouche persistante. Le Puligny-Montrachet Premier Cru Les Champs-Canet 2005 allie à la fois finesse et ampleur, un vin d’une belle couleur jaune clair, brillant et limpide, avec ces notes de pêche, de noix et d’abricot, de bouche harmonieuse. Excellent Puligny-Montrachet 2005, typé comme ce Saint Aubin Premier Cru Les Pitangerets 2005, de bouche pleine et parfumée, très bien vinifié. Domaine Marc JOMAIN Catherine, Philippe et Christophe Jomain 11, rue du Monument 21190 Puligny-Montrachet Tél. 03 80 21 93 46 Fax. 03 80 21 94 45 e-mail : info@domaine-jomain.com www.domaine-jomain.com Toujours au sommet. Domaine de 9 ha exploité par les frères et sœur Philippe, Christophe et Catherine Jomain. Pratique de la lutte raisonnée, vendanges manuelles, vins élevés en fûts de chêne et vinifiés de manière traditionnelle... Leur Puligny-Montrachet Premier Cru Les Combettes 2005, racé et suave, est très classique, de robe intense, riche au nez comme en bouche, tout en nuances aromatiques (tilleul, noisette), d’excellente évolution. Beau Puligny-Montrachet Premier Cru Les Pucelles 2005, d’une belle harmonie, ample, aux nuances subtiles de pomme et de fruits secs, suave, riche en bouche (agrumes, aubépine, amande…), un vin d’une grande maturité. Le Puligny-Montrachet Premier Cru Les Referts 2005 est dans la lignée, riche au nez, avec des notes de rose et d’aubépine, intense, à la fois charpenté et distingué, d’une belle onctuosité et d’une finale intense. Goûtez aussi le Saint-Aubin Premier Cru blanc Les Frionnes 2004, de belle couleur jaune ambré, aux nuances de noisette, d’une jolie finesse, alliant rondeur et vivacité, tout en bouche comme l’Auxey-Duresses rouge, aux notes de cerise confite et de sous-bois, de très bonne garde.

dimanche 2 mars 2008

Nos quatre Brouilly préférés

Domaine CRÊT DES GARANCHES Sylvie Dufaitre-Genin 69460 Odenas Tél. 04 74 03 41 46 Fax. 04 74 03 51 65 e-mail : sylvie.dufaitre-genin@wanadoo.fr Une belle place dans mon Classement pour cette exploitation familiale de 9,60 ha, située au cœur du cru Brouilly. Terroir à dominante granitique, allié au cépage Gamay noir à jus blanc confèrent à ce vin sa finesse. Le Côte-de-Brouilly 2005 élevé plusieurs mois en fûts de chêne (vendange manuelle), de robe pourpre, est souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, fraise des bois, violette), légèrement épicé. Beau Brouilly 2006, de robe intense, bien parfumé (fruits frais, humus...), développe ampleur et rondeur, un vin très légèrement poivré en finale.

Jean-Paul GUIGNIER Domaine Au pied des deux Clochers Les Bruyères 69430 Régnié-Durette Tél. 04 74 69 01 99 et 06 84 79 54 61 Fax : 04 74 69 01 91 e-mail : guignier.jean-paul@wanadoo.fr Une référence avec son Brouilly Domaine de Grapaloup 2006, de bouche intense et dominé par la mûre, un vin alliant souplesse et intensité aromatique, bien harmonieux et très équilibré. Le Morgon 2005 Domaine Au pied des deux Clochers (vendanges manuelles), est un vin remarquable, de jolie robe, de charpente à la fois puissante et souple, tout en arômes (pivoine, groseille), idéal sur une pintade rôtie. Goûtez le Régnié Côte de la Pierre cuvée Vieilles Vignes 2004, issu de vignes de plus de 90 ans déjà exploitées par le grand-père de Mme Guignier, de robe pourpre, au nez puissant et persistant de framboise et de cerise noire, rond et gras, riche, aux tanins enveloppés, de bouche bien corsée.

Alain MICHAUD Alain et Dorian Michaud Beauvoir 69220 Saint-Lager Tél. 04 74 66 84 29 et 06 07 81 45 58 Fax. 04 74 66 71 91 e-mail : alain.michaud17@wanadoo.fr www.alain-michaud.fr Classé 1er Grand Vin avec ce Brouilly 2006, d’une robe rouge cerise limpide, un nez de griotte mais aussi avec des arômes de cassis et de pivoine et une bouche fraîche aux tanins biens fondus, un vin qui demande une cuisine riche. Le 2005 est un vin de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, très charmeur, de bouche charnue et persistante, d’excellente évolution. Vous aimerez tout autant leur Morgon 2006 (2,50 ha, avec des vignes anciennes de 45 ans sur les coteaux), une réussite, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes de fruits des bois, puissant et savoureux, d’excellente garde. Très joli Beaujolais rosé 2006 (2000 bouteilles seulement), gourmand et fruité, parfait sur les charcuteries lyonnaises. 

Domaine du TRACOT Henri et Jean-Paul Dubost 69430 Lantignié Tél. 04 74 04 87 51 Fax. 04 74 69 27 33 e-mail : j.p-dubost@wanadoo.fr www.domaine-dubost.com Domaine de 21,65 ha qui existe depuis 1902. Culture de la vigne raisonnée (apports de fumure organique, labourages, tris systématiques, vendanges manuelles...), et respect des terroirs granitiques qui caractérisent le goût du Gamay. Le Brouilly cuvée de Vieilles Vignes 2006, de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, de bouche charnue et persistante. Excellent Fleurie Le Vivier 2006, rond et dense, à dominante de fruits rouges et aux tanins soyeux, d’une belle structure en bouche. Le Morgon La Ballofière 2006, où dominent des notes de cassis, de griotte et d’épices, est un vin avec une structure harmonieuse, bien ferme en bouche. Visitez le musée de matériels anciens. Chambres d’hôtes.

Voir le Classement 2008

vendredi 15 février 2008

Ce qu'il faut savoir sur la qualité du millésime 2007

Brigitte Dussert : le millésime 2007 a été critiqué dès le mois de septembre, avant les vendanges, notamment à Bordeaux ? Qu’en-est-il ?

Patrick Dussert-Gerber : c’est navrant. Je l’ai déjà écrit dans mon Blog, début Février : on juge sans savoir, sans avoir rien goûté, pas enquêté, pas suivi l’évolution des raisins, ni les vendanges, ni les sélections, pas vu les efforts des hommes, les éclaircissages, ni les tris, rien compris à l’influence des terroirs cette année, celle du calcaire ou des graves en sous-sol, rien vu de le réactivité du Cabernet-Sauvignon, pas saisi la résurgence de l’acidité, pas assimilé ce long cycle végétatif, ni les vinifications… Il y a des critiques trop imbus d’eux-mêmes qui disent n’importe quoi, ils se sont découverts à cette occasion..

D’une manière générale, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le millésime 2007 est relativement classique. Il faut comprendre que, ces dernières années, nous nous sommes habitués à goûter des millésimes “très chauds” dû, au réchauffement climatique peut-être, en tout cas à des millésimes particulièrement précoces. Les viticulteurs se sont habitués à récolter des raisins très mûrs, il y a même eu des millésimes très atypiques comme le 2003, voire le 2005, même si c’est un grand millésime. On a oublié que les grands vins français avaient -aussi- besoin d’une bonne acidité.

Les vins ne doivent pas être alcoolisés, j’ai le recul de trente années d’expérience professionnelle et, que ce soit dans la Loire ou à Bordeaux, on ne faisait pas de vins ultra-concentrés, trop riches. Même à Châteauneuf du Pape, voire en Languedoc, où les vins sont charnus et colorés, ils doivent conserver et associer finesse et densité, et ne pas être uniquement des vins gorgés d’alcool, trop capiteux.

Ce sont ces qualités qui caractérisent les vins français, par rapport aux vins américains ou espagnols qui sont des vins plus lourds par manque d’un équilibre d’acidité.

Souvent, on oublie que ce sont les meilleurs terroirs qui donnent l’acidité. Dans un millésime plus délicat comme le 2007, on va se rendre compte que dans les territoires de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, les vins les plus réussis, les plus grands, seront les vins issus de vrais terroirs qui assimilent la différence climatique, où la vigne a eu le moins de stress hydrique, et c’est ce qui fait toute la différence.

C’est un millésime qui fait honneur aux grands terroirs, si vous avez de vieilles vignes en coteaux, sur des croupes ou sur des plateaux avec un bon terroir filtrant, vous aviez tous les atouts pour faire un très bon 2007. Par contre, si les terres sont trop riches ou dans les bas-fonds, dans un millésime comme 2007, cela ne pardonne pas. C’est vrai dans tous les vignobles.

Brigitte Dussert : vous voulez dire que c’est un millésime où l’on n’avait pas droit à l’erreur ?

Patrick Dussert-Gerber : cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand-chose si l’on n’a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature, en l’accompagnant quand il le faut.

Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain.

Des millésimes comme ce 2007 permettent de cadrer le monde du vin. Ils remettent les “pendules à l’heure”. Pas question de jouer les apprentis chimistes dans un millésime comme celui-ci, c’est le travail dans les vignes, la force des terroirs et l’assiduité des vignerons qui font le succès. C’est beaucoup trop facile de réussir un 2005. Savoir élever un vin, c’est réussir son 2007.

D’ailleurs, les vins typés, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir.

Brigitte Dussert : le terroir, le talent des hommes, les soins apportés aux vignes... sont donc les “secrets” d’un beau 2007 ?

Patrick Dussert-Gerber : l’élégance prime cette année. Tout le monde apprécie en effet de déboucher des vins qui s’accordent parfaitement aux mets et ne sont pas lourds, des vins aromatiques mais pas surpuissants.

C’est aussi cela la force des vins français, on se fait plaisir à table, on ne les boit pas en-dehors des repas, comme un whisky ou un cognac, à l’apéritif ou en digestif comme le font les américains ou les asiatiques.

Nous revenons, avec les millésimes 2006 et 2007, à des vins élégants. Ceux qui ne connaissent pas bien la force des terroirs français se méprennent avec le 2007, il ne faut pas oublier que c’est toujours le mois de septembre qui fait le vin à Bordeaux et non pas le mois d’août, et je précise aussi que la notoriété de tous nos vins typés français, c’est leur élégance, leur finesse et non leur concentration.

Ce seront donc les grands terroirs qui feront les meilleurs 2007, mais pas uniquement les plus connus, car il y en a de beaux terroirs partout dans le bordelais : en Côtes de Bourg, à Blaye, en Bordeaux Supérieur, à Montagne Saint-Émilion... Les vignes plantées n’importe où, dans les palus du Médoc ou les plaines sableuses de Saint-Émilion ne donneront qu’un tout petit millésime 2007... C’est normal, la nature reprend ses droits, et c‘est très bien comme cela.

Et puis, à l’exception de territoires bien spécifiques propices au Merlot (certains vins du Libournais seront remarquables), le 2007 est surtout le millésime du Cabernet-Sauvignon, mais aussi du Cabernet franc, un cépage difficile comme le Petit Verdot, qui se sont particulièrement bien exprimés cette année.

Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir.

Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins “modernes” ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70% de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui “tiennent” autant de pourcentage de fûts neufs.

Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100% en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœurement à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Les années trop chaudes n’arrangent rien.

Ce 2007 laisse s’exprimer en priorité le fruit. Je n’aime pas goûter les vins trop jeunes, mais je l’ai fait cette année pour vérifier, au hasard des fûts. J’ai constaté avec plaisir que les vins ne sont pas masqués par le bois, cela prouve qu’il y a une structure réelle.

C’est vrai que ce 2007 demande du savoir-faire, et ne pas mettre le vin 100% en barriques neuves, préférer des barriques de peu de chauffe et oublier les barriques en chêne américain... Il fallait adapter la vinification et l’élevage pour garder le fruit et la finesse du vin, c’est tout un art, j’en conviens, et c’est cela que j’admire et respecte.

mardi 1 janvier 2008

Comprendre mes Classements

Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens.

Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode, je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison en est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…).

Mes Classements évaluent les meilleurs rapports qualité-prix-plaisir. Ils tiennent compte de tous les producteurs : vignerons, négociants et caves coopératives. Ils sont ouverts à tous. Pour mes Classements, trois points sont à retenir :

1 – Mes Classements ne sont pas figés et contiennent une hiérarchie interne. 2 – L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes. 3 – Chaque Classement est propre à une région.

Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne

- Les 1ers grands vins classés Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. On l’aura compris, ce sont de grands “coups de cœur”.

- Les 2es grands vins classés À Bordeaux (Médoc, Graves et Saint-Émilion, précisément), en Bourgogne et surtout en Champagne notamment, c’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont également nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau, plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets (ils ont alors un *), et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie, qui bouge régulièrement. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables.

Les 3es grands vins classés C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *.

D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis (ils sont indiqués alors par un *).

L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes

Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats comme 97 ou 92, ou difficiles à maîtriser comme 2007, 2003, 2002, ou 94. Ces critères sont la base même de ces Classements, remaniés chaque année, qui tiennent compte de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être remis en cause par la qualité des prochaines cuvées et des prix.

La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 30 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ».

Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les crus dont l'augmentation des prix et/ou les résultats des dégustations varient, dans le bons sens comme dans l'autre et qui demandent d'être attendus pour pouvoir se prononcer plus précisément. Les Classements ne sont donc pas statiques et se veulent le reflet d’une situation annuelle et globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux : typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix… Les absents le sont principalement quand les dégustations effectuées n’ont pas été suffisantes pour pouvoir situer le vin, ou vraiment quand le rapport qualité-prix-typicité est incautionnable, le but n’étant pas d’en oublier volontairement.

Chaque Classement est propre à une région

Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre.

On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne.

On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, « puissance » et « élégance », pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons hasardeuses.

Mes classements 2008 ne peuvent et ne doivent pas être confondus ni comparés avec aucun autre classement, officiel ou non, qui emploierait le terme de « cru classé » ou « grand cru » ou « grand vin » ou n’importe quel autre terme, et ne remettent bien sûr pas en cause les classements officiels qui peuvent exister.

Les Classements sont © Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

lundi 31 décembre 2007

VinoVox, le 1er magazine WebVin

Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, gratuit et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir : Vinovox

vendredi 16 novembre 2007

Mes coups de cœur en Côtes de Provence

Voir le Classement Voir les Sélections de MILLESIMES

Château de BRÉGANÇON Jean-François Tézenas 639, route de Léoube 83230 Bormes-les-Mimosas Tél. 04 94 64 80 73 Fax. 04 94 64 73 47 e-mail : chbregancon@terre-net.fr www.chateaudebregancon.com Au sommet. Vignoble de 50 ha (Cru Classé). Vaste demeure du XVIIe siècle et ancienne ferme du marquisat de Brégancon, depuis 1816, le domaine se transmet de père en fils. Sol argilo-siliceux-minéral. Beau Côtes-de-Provence cuvée Prestige rouge 2004 (50% Cabernet-Sauvignon et 50% Syrah, 12 mois en barriques), de robe foncée, au nez puissant où se mêlent les épices et les fruits rouges, ample et solide, riche en structure, à ouvrir sur une daube. Le blanc cuvée Prestige 2005, issu des cépages Rolle (70%) et Ugni blanc (30%), tout en finesse aromatique, au nez comme en bouche (pêche, tilleul...), suave et complexe, d’une très jolie finale.

Château de CABRAN Jean-Louis Monzat de Saint-Julien et hoirie Christiane de Saint-Seine 83480 Le Puget-sur-Argens Tél. 04 94 40 80 32 Fax. 04 94 40 75 21 e-mail : cabran@wanadoo.fr Une référence avec leur Côtes-de-Provence rouge cuvée de la Vigne Haute 2005 (60% Mourvèdre et 40% Cabernet-Sauvignon), très bien élevé 16 mois en cuves et en barriques de chêne neuves pendant 6 mois, un vin de bouche charnue, de belle robe grenat, riche et structuré, au nez persistant où dominent des notes de cassis et de griotte, d’excellente évolution, à ouvir sur une daube. Leur autre Côtes-de-Provence rouge cuvée de la Muraille 2005 allie rondeur et structure. Très joli rosé cuvée du Pont Romain 2006 (40% Grenache, 25% Syrah, 25% Mourvèdre et 10% Cinsault), de belle teinte, tout en bouche, fruité, aux notes de framboise et de rose, à déguster sur des sardines grillées. Le blanc cuvée des Restanques, provenant d’une fermentation en fûts de chêne, est très charmeur, richement bouqueté, élégant, de bouche persistante.

Châteaux ELIE SUMEIRE Famille Sumeire Château Coussin Sainte-Victoire 13530 Trets Tél. 04 42 61 20 00 Fax. 04 42 61 20 01 e-mail : sumeire@chateaux-elie-sumeire.fr www.chateaux-elie-sumeire.fr Les vignobles Sumeire s’étendent sur 300 ha, avec un âge moyen de 30 ans. Labourage et travail à l’ancienne, puis des vendanges manuelles expliquent ce très beau Côtes-de-Provence Coussin Sainte Victoire rouge 2003, aux notes de cassis surmûri et de cuir, de bouche très corsée, de très bonne garde. Savoureux Coussin Sainte Victoire blanc 2005, avec ces arômes de fruits mûrs, de pain grillé et de fleurs, alliant nervosité et gras. Le rosé 2005 est d’un bel équilibre. À ses côtés, leur autre Côtes-de-Provence Château Maupague 2004, issu d’un terroir d’éboulis et de colluvions d’argiles ou de grès, de robe pourpre et profonde, avec ce nez intense de fruits rouges et d’épices aux accents de garrigue, de bouche très soyeuse et ample, parfaitement équilibré, idéal sur une bécasse. Le rosé est de belle teinte, à la fois souple et friand. Provenant de leur vignoble de Cuers, le Château L’Afrique rouge 2000 est superbe, charnu, de bouche parfumée, au nez de violette et de fruits rouges surmûris le tout dans une présentation particulièrement soignée.

Domaine HOUCHART Vignobles Jérôme Quiot Avenue Baron-le-Roy, BP 38 84230 Châteauneuf-du-Pape Tél. 04 90 83 73 55 Fax. 04 90 83 78 48 e-mail : quiot.jeromevig@avignon.pacwan.net La famille Quiot (Châteauneuf-du-Pape Domaine du Vieux-Lazaret) possède cette propriété au pied de la Montagne Sainte-Victoire, située sur un plateau, au milieu d’un vaste épandage de cailloutis calcaires descendus de la montagne. Beau Côtes-de-Provence rosé (47% Grenache, 21% Syrah, 14% Mourvèdre, 18% Cinsault), d’une belle robe rose clair, aux arômes fruités de fraise, de pêche blanche, de pâte d’amande et une certaine minéralité due à son terroir particulier. Le Rouge 2004 (45% Grenache, 25% Syrah, 18% Mourvèdre...), dense et parfumé (cassis, poivre) est un vin aux tanins soyeux, aux notes d’épices.

Domaine du JAS D’ESCLANS Matthieu et Gwenaëlle De Wulf Route de Callas 83920 La Motte Tél. 04 98 10 29 29 Fax. 04 98 10 29 28 e-mail : mdewulf@terre-net.fr www.jasdesclans.fr Le domaine ( 50 ha, Cru Classé), mentionné dans les archives au XIIIe siècle, figure sur les cartes de Cassini de 1740. Le mot Jas est synonyme de Mas et de bergerie. Le terroir argilo-calcaire, caillouteux, est pauvre en humus. Très beau Côtes-de-Provence rouge cuvée du Loup 2004, élevé en barriques, un vin ferme et dense, au nez de cassis mûr, charnu, de robe pourpre soutenu, intense en bouche, aux tanins très structurés, qui demande d’être attendu un peu pour profiter de son potentiel réel. Joli rosé Jas 2005, d’une belle harmonie, un vin au nez intense et complexe, riche et tout en finesse, à déboucher sur des gambas. Beau blanc cuvée du Loup 2005, l’un des meilleurs dégustés cette année, avec des notes de noisette, avec un bel équilibre entre la fraîcheur, la rondeur et le fruité, un vin tout en nuances, très charmeur. Le tout a quand même été récompensé par 36 médailles aux différents concours en 3 ans dont 11 médailles en 2006, ce qui n’est pas rien, et conforte sa place dans notre Classement.

Château MAÏME Jean-Louis Sibran 83460 Les Arcs Tél. 04 94 47 41 66 Fax. 04 94 47 42 08 e-mail : maime.terre@wanadoo.fr www.chateaumaime.com Le vignoble s’étend sur 32 ha de vignes situées sur un terrain mica-schisteux en partie haute et argilo-sableux en partie basse. Beau Côtes-de-Provence cuvée Véronique rouge 2003, aux notes de cassis, de prune et d’épices, coloré, ferme, aux tanins riches et savoureux, qui commence à peine à s’ouvrir, de bouche soyeuse et intense. La cuvée Raphaëlle rouge 2005 (90% Syrah et 10% Carignan), coloré, souple et corsé à la fois, de bouche puissante aux nuances de griotte. Excellent blanc 2005, un vin de jolie teinte, très parfumé avec des nuances de pêche et de bruyère, ample, vraiment réussi comme ce rosé 2005, aux notes aromatiques de pêche et de groseille, long et équilibré, vif et velouté à la fois, d’un très bel équilibre et d’une ampleur aromatique très séduisante.

Domaine de la MALHERBE Mme Ferrari Route du Fort-de-Brégançon 83230 Bormes-les-Mimosas Tél. 04 94 64 80 11 Fax. 04 94 71 84 46 e-mail : chateaumalherbe@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/chateaumalherbe À la tête des Premiers Grands Vuins Classés, dans les 3 couleurs, ce qui est rarissime. Ici, face au fort de Brégançon, dans un site sauvage et unique, on savoure des vins rares et splendides. Mme Ferrari, charmante, s’occupe de ses crus avec passion et talent, secondée par l’efficace œnologue Jean-Jacques Coll, et le contenant est à la hauteur du contenu puisque les vins sont présentés dans des bouteilles d’un vert sombre qui préserve leurs robes délicates des ultraviolets, avec un ruban cacheté à la cire (à la main), un habillage personnalisé pour ces vins d’exception, tout en élégance, à l’image de leur propriétaire. On s’attache à développer ici une politique qualitative extrême, en laissant s’exprimer au mieux les grands cépages provençaux, qui, dans ce contexte, prouvent qu’ils sont capables de rivaliser avec d’autres, plus réputés (voir article Talent). Splendide Côtes-de-Provence Malherbe rouge 2004, issu d’une longue fermentation avec pigeage, puis élevé en foudres de chêne, très traditionnel, marqué donc par des cépages comme on devrait en voir plus souvent, les remarquables Syrah (70%) et Mourvèdre (30%), un vin très typé et charpenté, encore bien jeune, aux arômes de fruits cuits (cerise noire, groseille...), de cannelle, légèrement poivré, riche et coloré, de belle teinte grenat, dense au nez comme en bouche, à savourer sur un gigot. Le Malherbe Blanc de blancs 2005 fait partie des très grands vins de France, issu d’un pressurage direct en grains ronds des cépages typiques Rolle, Sémillon et Ugni blanc, élevé sur lies fines, d’une grande complexité d’arômes où s’entremêlent des notes d’amande, de fruits mûrs et de bruyère, harmonieux en bouche, opulent et suave, et d’une grande finale, parfait sur une viande blanche comme sur un homard. Exceptionnel Malherbe rosé (40% Tibouren, 40% Cinsault et 20% Grenache), provenant d’une courte macération après éclatement des raisins, un vin marqué par une formidable suavité, gras et parfumé, d’une grande intensité aromatique au nez où dominent les fruits mûrs, la rose et la pivoine, puissant, d’une grande persistance en bouche, toujours hors normes. Autre richesse de la propriété, ce Pointe du Diable rosé 2004 (50% Cinsault, 40% Grenache et 10% Cabernet, par saignée après courte macération), un vin très bien équilibré, d’une belle harmonie, tout en fruité et en finesse, souple, aux arômes de fleurs et de fruits secs. Le Pointe du Diable rouge 2003 (60% Syrah et 40% Grenache, élevage en foudres de chêne), de belle robe grenat, aux notes de truffe et de mûre, allie charpente et souplesse en bouche, un vin aux tanins riches. Exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir, qui ferait rougir d’autres crus plus connus et beaucoup plus chers. Du très grand art.

LES CELLIERS DE RAMATUELLE 83350 Ramatuelle Tél. 04 94 55 59 05 Fax. 04 94 55 59 06 e-mail : cellier-de-ramatuelle@wanadoo.fr www.cellier-de-ramatuelle.com Leur vignoble couvre 440 ha dont 360 qui produisent des Côtes-de-Provence. Beau Côtes-de-Provence rouge La Soyeuse de Ramatuelle 2004, élevé en fûts de chêne, dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, riche et coloré, de belle teinte grenat, dense et puissant au nez comme en bouche, d’excellente garde comme le prouve le 2003. Séduisant blanc 2004, où se mêlent des notes d’amande et de chèvrefeuille, de bouche complexe, d’une jolie persistance, un vin suave, à ouvrir sur des crustacés. Très joli rosé La Soyeuse de Ramatuelle 2005, sec et suave à la fois, l’un des meilleurs de l’appellation, floral, distingué, alliant finesse et structure, idéal sur une cuisine légèrement épicée.

Château RASQUE Gérard Biancone Route de Draguignan 83460 Taradeau Tél. 04 94 99 52 20 Fax. 04 94 99 52 21 e-mail : chateaurasque@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/chateaurasque À la tête des Premiers Grands Vins Classés, et toujours dans les 3 couleurs. “Notre atout, c’est notre terroir, précise Gérard Biancone, nous sommes sur les derniers plissements alpins et nos sols où le fer n’était pas encore apparu à l’époque du secondaire sont des terroirs très propices et favorables aux blancs et aux rosés. Nous cultivons l’ensemble des sols à l’outil “à l’ancienne”, nous “chaussons” puis “déchaussons” au printemps, pour laisser ces sols des hauts plateaux du Var s’exprimer au mieux. Des sols argilo-calcaires à forte dominante calcaire, qui présentent un aspect rocailleux. C’est ce qui confère ce caractère opiacé à nos vins, cette belle finale poivrée. L’altitude de nos vignes est aussi un atout qualitatif, nous nous situons entre 250 et 300 m d’altitude et sommes ainsi dégagés de toutes les entrées marines, l’environnement est donc très sec. Grâce au fait d’être en coteaux et en collines dominantes nous avons la chance que nos vignes soient ventilées en permanence, ce qui permet d’obtenir des raisins très sains de façon plus naturelle. Dans l’extension de Rasque, nous avons acheté Puyloubier, une propriété au pied de la Montagne Sainte-Victoire, où nous produisons des rouges et des blancs, et le Domaine de l’Hermitage Saint-Pons à Figanières, tout près de Draguignan, de 24 ha de vignes, où nous produisons exclusivement des rosés. Nous sommes heureux d’atteindre l’objectif que nous nous étions fixé il y a déjà 20 ans : produire des vins de qualité qui expriment le terroir provençal.” Superbe Côtes-de-Provence rouge Pièce Noble 2003, issu pour 60% de Syrah et 40% de Grenache (vinification traditionnelle et mise en foudres de chêne durant 13 mois), un grand vin charmeur et volumineux, avec des notes de violette et de réglisse, riche en couleur, classique et concentré, alliant finesse et structure, ample, de très bonne garde. Superbe rosé cuvée Alexandra 2005 (50% Grenache sur sol argilo-calcaire très caillouteux et 50% Cinsault sur sol argilo-calcaire), d’une couleur très délicate, un vin très fin, sec et gras à la fois, avec une belle robe rose pivoine et des arômes fins de fruits exotiques qui développent au palais beaucoup d’élégance, tout en bouche. Exceptionnel Blanc de blancs 2005, marqué par son terroir et son cépage Rolle (sur sol argilo-calcaire très caillouteux, macération à froid pendant 4 à 6 heures, fermentation à basse température pendant 8 à 12 jours), présenté dans une bouteille très raffinée, un vin ample, charmeur, d’un bel or vert, fruité aux accents de citron et d’agrumes, avec ces nuances de fleurs blanches et de miel d’acacia, est de bouche puissante et persistante, très élégante.

Domaine de RIMAURESQ William Wemyss Route Notre-Dame-des-Anges 83790 Pignans Tél. 04 94 48 80 45 Fax. 04 94 33 22 31 e-mail : rimauresq@wanadoo.fr www.rimauresq.fr Domaine (Cru Classé) de 36 ha d’un seul tenant, âge moyen de la vigne 40 ans, sol schisteux et cristallin avec des parties sablonneuses ou caillouteuses, terres acides avec peu de matière organique. Excellent Côtes-de-Provence blanc 2004, très marqué par le Rolle (90% et 10% Ugni blanc), d’une rondeur agréable, tout en finesse aromatique (fleurs fraîches, tilleul...), complexe au nez comme en bouche, à ouvrir avec un poisson de source. Puissant “R” de Rimauresq 2001, de robe grenat soutenu aux reflets carmin, un vin avec beaucoup de structure, dense en bouche, très harmonieux, au nez où prédominent les fruits macérés, aux tanins riches. Le rouge Classique 2003 est riche en couleur, corsé, charpenté, qui sent bon les fruits mûrs et les sous-bois, à déboucher sur une pintade rôtie.

Domaine de la ROUILLÈRE Presqu’île de Saint-Tropez Route de Ramatuelle 83580 Gassin Tél. 04 94 55 72 60 et 04 94 79 20 60 Fax. 04 94 55 72 61 e-mail : contact@domainedelarouillère.com www.domainedelarouillere.com Domaine de 40 ha de vignes. Très séduisant Côtes-de-Provence rouge Grande Réserve 2003, de jolie robe pourpre intense, puissant en bouche, aux tanins fermes et bien équilibrés, aux notes de fruits rouges mûrs caractéristiques (griotte). Tout en bouche, le Grande Réserve blanc 2004 est un vin fin, où la suavité vient épauler une finale aromatique, très réussi comme ce Grande Réserve rosé 2005, aux nuances d’agrumes, tout en fraîcheur.

Domaine SAINT-JEAN DE VILLECROZE M. Carouso 83690 Villecroze Tél. 04 94 70 63 07 Fax. 04 94 70 67 41 e-mail : contact@domaine-saint-jean.com www.domaine-saint-jean.com Au sommet, également. Le domaine s’étend sur 80 ha de collines recouvertes de vignes et d’oliviers, de forêts de pins parasols et de chênes truffiers. Le vignoble de 46 ha, sous culture biologique depuis 3 ans, est constitué de 3 sites distincts (2 sur l’aire d’appellation des Coteaux-Varois, le 3e sur celle des Côtes-de-Provence). Vous aimerez comme nous ce beau Côtes-de-Provence rouge 2004, marqué par son Cabernet-Sauvignon, de belle robe soutenue, aux notes de mûre et d’épices, alliant charpente et souplesse en bouche, aux tanins riches, auquel il faut laisser le temps de se fondre, à ouvrir avec un gigot à la ficelle. Coup de cœur encore pour le rosé 2005, l’un des meilleurs dégustés cette année dans l’appellation, distingué, de belle teinte, légèrement épicé, de bouche charnue et persistante, vraiment très agréable. Le blanc 2005 est dans la lignée, a des arômes d’agrumes frais, un vin de bouche persistante, suave et puissant, d’une très belle finale aromatique, vraiment savoureux, à déboucher aussi bien sur un bar que sur du veau grillé. Nombreuses médailles reçues et méritées, et un remarquable rapport qualité-prix-plaisir.

Château SAINT-MAUR M. Patricot Route de Collobrières 83310 Cogolin Tél. 04 94 54 63 12 Fax. 04 94 54 00 63 e-mail : chateau.saint-maur@wanadoo.fr www.chateausaintmaur.com Toujours très bien classé. Cette propriété familiale depuis 4 générations s’étend sur 75 ha. Beau Côtes-de-Provence rouge cuvée Excellence 2003, un vin de couleur soutenue, au nez de cassis et d’épices, aux tanins mûrs et puissants à la fois, bien ferme, un vin qui supporte une cuisine bien relevée. Savoureux rosé 2005, tout en subtilité, friand et souple, très réussi comme ce blanc, avec cette touche d’acidité alliée à une rondeur agréable, où s’entremêlent des notes persistantes de fruits mûrs et de chèvrefeuille.

Domaine LA SANGLIÈRE Rémy et Olivier Devictor 3886, route de Léoube 83230 Bormes-les-Mimosas Tél. 04 94 00 48 58 Fax. 04 94 00 43 77 e-mail : remy@domaine-sangliere.com www.domaine-sangliere.com Une place très enviable dans le Classement pour ce domaine de 42 ha, idéalement situé. On se fait vraiment plaisir avec ce Côtes-de-Provence cuvée Prestige rosé 2005, au nez de rose et de garrigue, délicat, franc, développant en bouche des arômes puissants de fruits frais, une touche épicée, un vin ample et fruité. Le blanc Prestige 2005 est tout aussi séduisant, avec cette touche d’acidité alliée à une rondeur agréable, où s’entremêlent des notes d’amande, de fruits mûrs (pêche, mangue) et de bruyère, harmonieux en bouche. Remarquable rouge 2004, au nez de fruits mûrs, de bouche à la fois puissante et ronde, aux tanins fermes et enrobés, parfait sur une daube.

Domaine de la SAUVEUSE José Salinas Grand Chemin Vieux 83390 Puget-Ville Tél. 04 94 28 59 60 Fax. 04 94 28 52 48 e-mail : info@sauveuse.fr Incontestablement au sommet. Le domaine a adopté intégralement le mode de production biologique afin d’obtenir la certification Ecocert. On ne peut qu’apprécier son Côtes-de-Provence cuvée Carolle 2004, élevé 12 mois en barriques, riche et coloré, aux arômes de fruits mûrs et d’épices, aux tanins souples et bien présents à la fois, où prédominent en bouche la groseille confite et l’humus, un vin qui mérite un peu de patience pour profiter de son potentiel réel. Le Côtes-de-Provence cuvée Philippine 2004 est coloré, un vin corsé, aux tanins fondus, au nez dominé par la griotte, la réglisse et l’humus, d’évolution prometteuse. À leurs suites, cet excellent rosé cuvée Carolle 2005 (Syrah, Cinsault et Grenache, issu d’une macération pelliculaire, un vin de saignée), au fruité concentré, avec des nuances de pêche, d’abricot, et une note épicée, de teinte soutenue et de bouche savoureuse, à ouvrir sur un couscous. Le blanc cuvée Carolle 2005 est issu de macération pelliculaire longue, un assemblage de Rolle et d’Ugni blanc et d’un élevage sur lies en barriques neuves de chêne avec des bâtonnages fréquents, dense et parfumé, frais et suave à la fois, un vin qui dégage de subtils arômes d’amande et de tilleul, tout en harmonie, ample, d’une jolie finale, à déboucher sur une rascasse.

Domaine des TOURNELS Laurent Bologna 83350 Ramatuelle Tél. 04 94 55 90 90 et 04 94 55 90 80 Fax. 04 94 55 90 99 Classé 1er Grand Vin. Un domaine de 60 ha de vignes. Beaucoup apprécié ce Côtes-de-Provence rouge Hauts des Tournels 2000, racé et concentré, à dominante de fruits rouges surmûris et de sous-bois, un vin très riche, aux tanins puissants et mûrs à la fois, de très bonne évolution. Beau rosé cuvée Spéciale 2005, aux nuances de fleurs et d’épices, associant richesse et souplesse, de bouche fruitée, parfait sur des rougets. À la suite, la cuvée Spéciale blanc 2005 est un vin épanoui, légèrement épicé, de robe légère, avec ce nez de fleurs fraîches, associant nervosité, suavité et belle finale au palais, une réussite.

jeudi 8 novembre 2007

Bourgogne : les pieds dans le terroir

Mes sélections (voir celles de MILLESIMES) sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pout l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique. En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix. Une bouteille simplement “bonne” à 30 e (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.

Pourtant, les vins de Bourgogne que vous allez retrouver dans le Guide cette année méritent leurs prix, à 10 e comme à 25 e, à 50 e comme à 100 e, certains dépassant même cette limite pour l’extraordinaire millésime 2005, où la demande est mondiale. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer.

La force des terroirs est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.

Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde (Lamarche, d’Angerville, Trapet, Moillard, Rebourseau, Bourrée…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Antonin Guyon, Tremblay, Pinson ou Laroche à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport ­qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Prunier, Laleure-Piot, Marey, Doudet-Naudin, Audoin, Chevillon…), et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations.

Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente.

Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.

Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir...

Mes Classements 2008 vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation.

lundi 22 octobre 2007

Nos vins ont du talent

Cela fait 28 ans (vous lisez bien, mais c’est vrai que j’ai débuté bien jeune dans ce monde envoûtant du vin) que j’écris, goûte, écoute, apprécie tel ou tel, rigole d’un autre, oublie untel, etc…

En fait, j’ai de la mémoire. Elle me fait respecter les fidèles, sourire de quelques-uns, savoir ce que certains font de leur vin (ou y mettent), et ranger ces cases dans ma tête comme il le faut pour les réactiver.

J’ai connu, et connais, pas mal de monde : des hommes (et des femmes, bien sûr) formidables, dont la relève n’a jamais (hélas) été assurée, le saut des générations (vous savez : celle qui crée, celle qui gère, la troisième qui dilapide) étant souvent bien réel, d’autres inintéressants, d’autres encore, passionnés et passionnants, avec qui c’est toujours un plaisir de “boire un canon”, plus de 20 ans après, etc.

La puissance du Guide, de Millésimes et désormais notre présence sur Internet (*) font bien sûr des envieux, mais il semble que cela soit typiquement français. Les dés étaient pourtant bien jetés.

En fait, à la cinquantaine, le bilan et les projets sont clairs : je n’ai pas failli à mon instinct profond de défendre encore et toujours les hommes et les femmes, du plus grand au plus modeste, qui sont attachés, comme moi, comme mon équipe (ma famille, devrais-je écrire), à extraire de leur terroir une quintessence à la fois naturelle et spirituelle, loin des artifices et des modes passagères. Si j’aime le vin, j’aime aussi ceux qui l’élèvent, je pense à eux quand je débouche leur bouteille, je partage ce plaisir, et c’est ce qui compte. Les “frimeurs”, les vins marchands, les produits “putassiers”, je les combats ou j’y suis indifférent, voilà tout.

Aujourd’hui, donc, nous confortons et renforçons, comme nous l’avons toujours fait (l’audace du 1er Guide de ce genre comme celle d’avoir investi sur le net, bien avant les autres) Millésimes et le Guide (sa prochaine édition sera “dure” sur le plan éditorial, assortie d’une maquette moderne que la direction d’Albin Michel et moi-même avons approuvée avec enthousiasme), nous poursuivons notre développement dans ce média fondamental, Internet, où nos “concurrents” ne risquent pas de rattraper ce que nous avons réalisé (**). Le site de Millésimes est déjà l’un des plus importants dans son domaine, et nous allons le traduire en langue américaine, tout d’abord, puis, certainement, en langue espagnole, ce qui nous donnera une dimension mondiale, une présence sur tous les continents, et un lectorat potentiel de plusieurs centaines de millions d’internautes, ce qu’aucune édition “papier” ne peut envisager. Des faits, pas des paroles !

Et puis, cette année, je vais -enfin- prendre le temps d’écrire mes romans, en tout cas au moins un, toujours édité chez Albin Michel, confiance oblige. Des livres dont le synopsis se trame depuis longtemps. Bien sûr, il y aura, dans l’un, une part importante de ma conscience (le monde de la terre qui m’est cher devrait y avoir sa place, indirectement certes), et, dans l’autre, le script (mais je ne vous dévoilerai pas grand chose) s’oriente vers un thème qui m’est tout aussi intime, les grandes civilisations antiques, une saga, historique mais bien actuelle, où l’Orient rejoindra l’Occident. En fait, l’année 2007, devra donc m’occuper à temps plein.

En parallèle, profitons de ce nectar que sait être le vin, où, comme en littérature, l’esprit rejoint la matière… Il y a un millier de vignerons exceptionnels dans ce numéro, à qui nous sommes fidèles, et qui nous le rendent bien, et cela vaut tous les écrits du monde.

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jeudi 18 octobre 2007

20 sur 20 ?

Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tous les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les voitures à Paris, les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), Ségolène Royal, BHL, Clearstream, la TVA des restaurateurs, les ministres, l'iPhone, Vuitton, les Echecs, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé, Bayrou ou Jospin), Ibiza, de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Cervantes, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Parker, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Vargas Llosa, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, le Champagne, l'astronomie, les grèves, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?

mercredi 17 octobre 2007

Gagnez des bouteilles

Voir notre Concours

jeudi 4 octobre 2007

Château Pavillon, un grand vin de plaisir

Incontestablement au sommet. Viviane et Alain Fertal, chaleureux et passionnés, peuvent se targuer de collectionner les récompenses pour leurs 2 crus, qu’ils élèvent avec un talent indéniable et ont hissé dans le peloton de tête des grands liquoreux. Le vignoble s’étend sur 10 ha, sur un sol argilo-calcaire (Sémillon, Sauvignon et Muscadelle, âge moyen des vignes 50 ans). Superbe Loupiac Château Les Roques 2004, de belle robe brillante, avec des nuances de fruits macérés et de narcisse, très onctueux en bouche, de lente évolution. Beau 2003, aux senteurs persistantes, avec des notes de fruits confits et de rose, gras, un vin qui demande un peu de patience. Le 2002 est une vraie réussite, bouche suave, tout en subtilité d’arômes, de belle teinte dorée, aux nuances de fruits bien mûrs, avec des notes de tilleul et d’abricot. Superbe 2001, très classique, d’une belle robe dorée avec un nez de fruits secs grillés, complexe et très gras en bouche, avec un boisé bien fondu, parfait à déguster à l’apéritif. Le 99 est remarquable, d’une très belle couleur, aux arômes de fruits blancs et de genêt, avec en bouche des notes subtiles de pain d’épices et de rose, d’une grande persistance, associant charme et puissance. Leur Sainte-Croix-du-Mont Château du Pavillon est dans la lignée, très parfumé, au nez à dominante d’acacia et de pain grillé, avec des notes de fleurs et de fruits mûrs en bouche, d’une grande fraîcheur, d’une longue finale.

Voir aussi

dimanche 23 septembre 2007

Acheter Millésimes en direct

http://www.guidedesvins.com/acheter.php

http://www.millesimes.fr/images/couv.jpg

Désolé pour les "concurrents"...

Vous savez que je suis peu soucieux des critiques, mais, à des moments, il faut remettre les choses et certains à leur place. On est donc vraiment désolé pour les "concurrents", qui n'arrêtent pas de gloser et ne se gênent pas -eux- pour nous critiquer, même si, on le sait, on ne peut être jaloux que des réussites ou des "institutions".

Bref, sur le 1er et unique réseau mondial d'informations, Internet, il n'y en a que pour Patrick Dussert-Gerber et nos sites qui ramènent au Guide Dussert-Gerber des Vins de France (Albin Michel).

AUCUN AUTRE GUIDE REEL "PAPIER" est avant nous ! En plus, tous nos sites renvoient à MILLESIMES ou aux CLASSEMENTS, directement consultables sur le Net.

Quand un internaute veut acheter ou consulter un guide sur les vins, il tape instinctivement "guide des vins" ou "guide du vin". Pas de Hachette ni de Parker, ni de Bettane, ni de machin ou de truc. On a fait le test, et cela devrait calmer certains :

1/. Google (le 1er, de très loin, plus de 89% du marché, voir : http://barometre.secrets2moteurs.com) - Quand on tape "guide des vins", sur Google, c'est pire pour nos amis, on est en pole position sur 2,7 millions de liens - Avec "guide du vin", on est en 8e position sur plus de 4,2 millions de résultats

2/. Yahoo - Avec "guide des vins", on est en 2e, 3e et 7e positions, sur plus de 4,3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", nous sommes présents 4 fois sur la 1ère page devant plus de 7,1 millions de sites : 2e, 4e, 8e et 10e

3/. Live Search/msn (Microsoft) - Avec "guide des vins", on est en 1ère position sur près de 388.000 résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 2e, 7e et 8e positions sur plus de 540 000 résultats

4/.Vo ila (Orange) - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 7e positions sur près de 1,3 millions de résultats - Quand on tape "guide du vin", on est en 7e et 8e positions sur plus de 1 million de liens

5/. Altavista - Avec "guide des vins", on est en 1ère, 4e et 6e positions sur plus de 4.3 millions de liens - Quand on tape "guide du vin", on est en 2, 3e, et 3e positions sur plus de 7,3 millions de résultats

Evidemment, je ne me suis contenté que des résultats de la 1ère page des moteurs de recherche, mais qui va consulter la 3e ou la 1500e ?

mardi 11 septembre 2007

Domaine de la Paleine, une référence dans la Loire

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Depuis plus d’un siècle, le Domaine de la Paleine a porté loin les couleurs des vins de Saumur et du Puy Notre Dame. C’est aujourd’hui Marc et Laurence Vincent, amoureux de la Loire, qui président aux destinées de la propriété. Patrick Nivelleau continue de vinifier les différentes cuvées du Domaine.

Voir son Classement :

En rouge : http://www.millesimes.fr/val_de_loire_.php

En blanc : http://www.guidedesvins.com/val_de_loire_blancs.php

Les 32 hectares du vignoble sont principalement plantés de Chenin et de Cabernet Franc et son terroir est argilo-calcaire. Sous le domaine, 1,5 km de galeries creusées dans le Tuffeau. Là, à 12°C, s’épanouissent tranquillement, à l’abri de la lumière, les vins de la Paleine. Les vignes sont enherbées afin d’inciter la vigne à plonger au plus profond du Tuffeau. Cette roche calcaire unique est une véritable éponge, elle absorbe les excès d’eau l’hiver pour les restituer parcimonieusement lorsque la vigne en a besoin. C’est de là que vient la typicité des vins du Domaine de la Paleine. Des vins structurés mais souples et fruités. Afin d’aller encore plus loin dans l’expression du terroir, l’utilisation de produits de synthèse est extrêmement limitée. La vendange se réalise aux 2/3 manuellement et s’effectue par tries successives pour les blancs. Patrick Nivelleau vinifie en cuves thermo-régulées et l’élevage se fait pour partie dans des fûts de chêne selon les cuvées. Le remarquable cépage Chenin s’exprime à souhait et produit ici de grands vins blancs secs aux arômes de fruits frais, de fleurs et de noisette, ainsi que des Saumur Brut. Particulièrement bien adapté à ce terroir argilo-calcaire, le Cabernet Franc produit des vins fruités et souples très appréciés dans leur jeunesse mais qui savent aussi être d’excellente évolution. Des vins de belle robe intense, très équilibrés au nez comme en bouche, au nez subtil de fruits à noyau, légèrement épicés, tout en bouche, riches en couleur comme en matière, à dominante de rondeur. Le Domaine de la Paleine élève dans ses caves plus de 100 000 bouteilles de millésimes et d’appellation Saumur différentes. Il fait partie de ces rares structures à taille humaine à élaborer elle-même ses Méthodes Traditionnelles et à les laisser s’affiner sur lattes pendant 3 ans afin d’obtenir une bulle particulièrement raffinée, ce qui explique le haut niveau qualitatif des cuvées. Le Saumur brut blanc est de mousse légère, au nez de pêche, ferme et suave, très fin, persistant, tout en harmonie. Le Saumur rosé est savoureux, très bien équilibré, de mousse fine et persistante, d’une belle ampleur en bouche, tout en fruité et finesse, aux arômes délicats de rose et de framboise. Au cœur du Val de Loire, à deux pas de la magnifique collégiale du Puy-Notre-Dame, le Domaine de la Paleine vous accueille tous les jours et le week-end sur rendez-vous pour vous faire déguster sa gamme de vins de Saumur.

vendredi 7 septembre 2007

Bourgogne : coups de cœur en Côte de Nuits

LES GRANDS VINS SONT UNIQUES http://www.millesimes.fr/photos/45.jpg

Si la force des terroirs est omniprésente ici, on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du vin associé à une convivialité exemplaire. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre, même si on sait aussi très bien le vendre. Il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde, ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison, d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport qualité-prix-typicité, et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans notre catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations. Bien sûr, la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron peut posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares...) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est incontournable. Les Classements permettent donc de faire le bon choix.

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Voir le palmarès 2007 : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=BOURGOGNE&rech2=COTE-DE-NUITS&rech4=Y

Le Classement : http://www.guidedesvins.com/bourgogne_rouges.php

Et nos coups de cœur hebdomadaires : http://www.guidebourgogne.com/ http://www.vinbourgogne.net/

mardi 28 août 2007

Concours gratuit : gagnez des bouteilles !

Gagnez des bouteilles :

http://www.amourduvin.com/f_jeu.html

A chaque plat, son vin

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Quand on débouche une bouteille de vin, à n’importe quel prix, on doit surtout -pour en profiter pleinement- adapter les mets qui lui conviennent le plus. Historiquement, le vin a toujours été lié avec la gastronomie des régions. Si l’on fait un vin rouge puissant et épicé en Languedoc ou dans le Rhône, c’est, par exemple, une réponse à la multitude de préparation de gibiers dans ces régions, qui demandent des vins riches et corsés. Autre exemple : le velouté des vins blancs bourguignons et leur persistance d’arômes, qui leut permet de "coller" parfaitement aux viandes blanches à la crème...

Voir aussi :

http://patrick.dussert-gerber.com/laccord-ideal-des-vins-et-des-mets-du-monde

Et aussi :

http://www.millesimes.fr/accords-vins-mets.php

L’Alsace

L’Alsace est l’exemple caractéristique des grandes régions vinicoles et gastronomiques françaises où le mariage des vins et des mets peut surprendre le plus. Bien sûr, on connaît les spécialités du pays, les choucroutes, les fromages, les charcuteries ou le kouglof, et l’intensité aromatique des grands crus, alliant finesse et richesse en bouche. On se doute bien qu’un vin d’Alsace se déguste aussi avec des crustacés ou des fruits de mer mais on oublie parfois l’extraordinaire osmose d’un Muscat avec des asperges, par exemple.

Les vins peuvent se boire pratiquement tout au cours d’un repas. Sur la choucroute (Riesling), avec une sole meunière (l’Alsace est riche également de poissons de rivière), avec des crustacés. Plus original, le fameux “poulet au Riesling”, une blanquette de veau à l’ancienne. La puissance de son bouquet et sa persistance aromatique en bouche place le Gewurztraminer comme un apéritif idéal. Il est superbe (comme le Pinot Gris) avec un pâté en croûte ou une terrine de foies blonds, ainsi que sur la tarte flambée. Les Vendanges Tardives se savourent sur un foie gras d’oie d’Alsace, au naturel ou en brioche, et sur des fromages forts comme le maroilles, le munster ou le roquefort.

Le beaujolais

Il y a deux façons de déguster les crus du Beaujolais : dans leur jeunesse, en profitant de leur couleur et de leur fruité avec des charcuteries, des rillons, des fromages à pâte molle ou une viande rouge grillée (les Beaujolais-Villages, les crus de Brouilly, Côte-de-Brouilly, Chiroubles et Saint-Amour sont parfaits), ou parvenant à maturité, notamment les crus plus charpentés, c’est-à-dire avec un minimum de quatre à cinq années d’évolution, sur une cuisine plus élaborée. - Fleurie, Juliénas. Très parfumés, à dominante de fruits rouges et de sous-bois, à présenter avec une oie farcie, un fromage bleu (Auvergne ou Bresse), ou un gibier (perdrix). - Chénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié. Bouquetés et denses, parfaits sur une terrine de gibier, du jambon fumé ou un foie de veau. Le bordelais - Médoc et Haut-Médoc. Des vins riches et souples à la fois, de belle couleur, parfumés, équilibrés, de bonne garde. Ils se goûtent avec toutes les viandes rouges dont la fameuse entrecôte bordelaise cuite sur les sarments, et plus le millésime est ancien, parvenu à sa maturité, avec des plats complexes, gibiers, civets ou de l’agneau. - Margaux. Prédominance à l’élégance et la structure. Un vin concentré dans sa jeunesse, au nez subtil, qui a besoin de temps pour donner toute sa finesse. En dehors des viandes rouges, le gibier à plume. - Moulis et Listrac. De l’agneau, des viandes rouges, avec une prédominance pour un foie de veau sur un millésime à maturité, ou des ramiers aux cèpes en cocotte qui s’accordent bien avec le “moelleux” du vin. - Saint-Estèphe. Puissant et concentré dans sa jeunesse, un très grand vin typé qu’il faut aussi savoir attendre, intense, à savourer avec une viande en sauce ou une bécasse. - Graves. En blancs, les vins, alliant finesse aromatique et persistance en bouche, s’associent à un veau en sauce ou une alose. Les rouges, bien typés, allient richesse et distinction sur du veau rôti, de l’agneau ou un gigot à la ficelle. - Fronsac et Canon-Fronsac. Des vins corsés et chaleureux, légèrement épicés, qui s’accordent bien avec un curry de mouton ou de l’agneau rôti. - Lalande-de-Pomerol. Couleur, concentration aromatique et onctuosité en bouche en font un vin qui se déguste avec la plupart des viandes, un magret de canard ou de l’agneau en croûte. - Lussac, Montagne et Puisseguin-Saint- Émilion. Bonne matière tannique, rondeur et bouquet. Idéal sur de l’agneau au four, des brochettes de canard ou un curry de mouton qui fait ressortir le caractère épicé du vin. Sur un vieux millésime, des mets plus riches comme un canard farci, un curry et les civets. - Saint-Émilion. Parfumé, corsé, un vin dense et ferme, pour viandes rôties et gibier à plume. - Pomerol. Ces vins riches, puissants en arômes comme en structure, denses et veloutés en bouche “collent” avec la plupart des gibiers et les truffes, dont on retrouve les arômes dans le vin. Essayez les œufs à la broche aux truffes fraîches. - Premières-Côtes-de-Blaye, Côtes-de-Bourg, Premières-Côtes-de-Bordeaux et Côtes-de-Castillon. Colorés, alliant charpente et rondeur en bouche, les Côtes-de-Bourg se marient avec du veau (sans sauce), de l’agneau, des magrets de canard et la plupart des gibiers à plume pour les vins parvenus à maturité. Le caractère légèrement épicé de ces crus les prédispose à un curry de poulet par exemple, des viandes en sauce légère ou des rognons. - Barsac et Sauternes. Pour profiter de leur richesse et de leur typicité, à l’apéritif. Plus conventionnel, sur un foie gras, pour un millésime assez jeune, et sur un dessert pas trop sucré comme une tarte aux framboises. Plus rare, la lamproie, et des ris de veau à la crème. - Loupiac. Plus souple, plus fruité, un vin tout en nuances aromatiques, onctueux, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux de Sauternes. - Entre-Deux-Mers. Francs, légers, fruités, des vins blancs secs surprenants par leur rapport qualité-prix, à découvrir sur les fruits de mer et les crustacés. - Bordeaux Supérieur. Souples et colorés, alliant charpente et bouquet, les vins se goûtent avec toutes les viandes rouges, mais aussi, pour des millésimes plus évolués, sur une escalope de veau ou un navarin de mouton.

La Bourgogne

- Auxey-Duresses. Si le blanc est parfait avec les poissons de rivière ou une volaille, le rouge, riche, bouqueté, tout en bouche, s’accorde bien à la plupart des viandes rouges ou aux gibiers. - Chablis. Ampleur, suavité, vivacité et persistance aromatique pour ces crus de Chablis, à déguster sur des poissons de rivière, des langoustines flambées ou une côte de porc charcutière. - Chambolle-Musigny. Charme, puissance, finesse, couleur et concentration aromatique prédominent. Idéal sur un dindonneau à la broche ou une bécasse. - Puligny-Montrachet et Chassagne-Montra­chet. Bouquetés, secs et suaves à la fois, de beaux vins tout en persistance aromatique, pour les poissons et les viandes blanches cuisinées. - Corton-Charlemagne. Il se savoure avec un turbot poché, un veau Orloff ou une dinde aux marrons, un foie gras au naturel ou du caviar. - Côte-de-Beaune et Hautes-Côtes-de-Beaune. Bouquet et souplesse en bouche en font un rouge à boire sur un poulet rôti ou un jambon, du rosbif froid et un saint-nectaire. - Fixin. Solide et coloré, un Fixin se goûte fort bien avec une palombe, un coq au vin, voire un curry de mouton. - Mâcon. Une escalope (ou une langue) de veau et des poissons grillés pour le blanc, le gibier à plume pour le rouge qui s’accorde également avec une raclette. - Mercurey. Le rouge, ferme et fruité, d’excellente évolution, se goûte avec des beignets d’aubergines, une perdrix au chou ou un reblochon. - Meursault. Riche, parfumé, suave en bouche, un Meursault jeune se boit avec des ris de veau ou une dinde aux marrons. À maturité, il lui faut une blanquette de veau, des morilles à la crème ou des quenelles de brochet. - Nuits-Saint-Georges. Alliant charpente et finesse aromatique, ces vins s’accommodent d’un ragoût d’agneau, d’un civet de lapin, de grives ou d’un bourguignon. - Pommard. Solide et coloré, un grand Pommard se savoure sur des mets subtils et puissants à la fois, comme une palombe, une poule au pot, les viandes en sauce et le gibier. - Pouilly-Fuissé. Idéal sur un saumon grillé, des ris de veau, une poularde en croûte de sel ou des quenelles de brochet. - Rully. Le rouge s’accorde bien avec un jambon de sanglier, un canard farci ou le gibier. Le blanc avec tous les poissons. - Santenay. Sa structure lui permet de se marier avec la plupart des gibiers et les ragoûts (daubes). Idéal dans sa jeunesse avec une épaule d’agneau boulangère. - Vosne-Romanée. Concentration aromatique et velouté demandent un pintadeau en sauce, un poulet sauté aux morilles ou un râble de lièvre.

La Champagne

Pour le Champagne, s’il est bien sec, à l’apéritif ; s’il est demi-sec ou doux, au cours d’un repas ou en dessert (fruits et pâtisseries). Les inconditionnels peuvent faire tout un repas au Champagne, délaissant néanmoins les viandes rouges ou le gibier. Un vin idéal avec des crustacés, ou, s’il est plus charpenté (une cuvée de Prestige), sur un poisson en sauce ou un feuilleté de turbot. Le Champagne rosé s’apprécie sur une viande blanche ou sur un gâteau au chocolat (pas trop sucré).

Le Languedoc - Corbières, Côtes-du-Roussillon, Fitou, Coteaux-du-Languedoc et Minervois. En rouge, le vin est marqué par des connotations fruitées et épicées caractéristiques qui lui permettent de tenir sur le gibier, les saucisses, le lièvre, avec un brie, sur les cassoulets du pays voire sur les pâtés à base de viande de mouton, qui sont légèrement sucrés. Le rosé se déguste sur les terrines ou un poulet basquaise, et les blancs avec les poissons, des volailles rôties ou sur un lapin à la moutarde.

La Provence - Bandol et Cassis. Des vins rouges riches en arômes et en saveurs, avec cette touche vanillée, qui se marient avec des plats épicés. Pour des millésimes plus anciens, sur un lièvre à la royale, une poularde en croûte de sel ou un reblochon. Le rosé tient sur une ratatouille, une saucisse grillée ou des brochettes de rognons, et le blanc sur une escalope ou un sandre au beurre blanc. - Coteaux-des-Baux et Coteaux-d’Aix. Des rouges colorés, parfumés, aux notes de fruits rouges mûrs et d’humus, au caractère affirmé, qui se goûtent fort bien sur un foie, une selle d’agneau aux herbes ou un gigot. Goûtez le rosé, bien frais, sur des paupiettes de veau ou un veau Orloff. - Côtes-de-Provence (et Corse). Des rouges alliant couleur, parfums et souplesse en bouche, qui se marient avec une bonne potée, un rôti de porc froid ou un carré d’agneau. Pour les blancs, fruits de mer et bouillabaisse, tandis que le rosé se déguste avec une morue grillée ou des calmars.

Le Sud-Ouest - Bergerac et Monbazillac. En Bergerac et Côtes-de-Bergerac, les rouges, parfumés et souples, sont adaptés à des viandes grillées, une côte de veau, un cassoulet ou une daube. Le blanc sec s’associe avec des écrevisses, des sardines grillées. Les moelleux, très fruités, aux connotations de miel, se goûtent à l’apéritif, en dessert sur une île flottante ou un flan, sur un bleu et le foie gras. - Cahors. Un vin riche en couleur comme en charpente qu’il faut apprécier avec des tripes, du gibier (chevreuil), un caneton aux figues, une oie rôtie aux marrons et aux pommes. - Gaillac. Le rouge s’adapte à la plupart des viandes et des plats légèrement épicés. Le blanc est vif et rond à la fois, à déboucher sur les poissons de rivière. - Jurançon. En blanc sec, un vin au nez de fruits secs, racé, tout en bouche, avec les poissons de rivière, et, en moelleux, un vin bouqueté, onctueux et typé, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux des autres liquoreux. - Madiran. Complexe et concentré, très parfumé, aux tanins fermes et puissants, très typé, un vin qu’il faut savoir attendre, à boire avec une viande en sauce, le gibier à poil ou un cassoulet.

Le Val de Loire - Chinon. S’il est jeune, avec une volaille ; s’il est parvenu à maturité, il convient aux viandes rouges, à un canard ou à un gibier cuisiné légèrement. - Coteaux-du-Layon. Des moelleux à déguster à l’apéritif, sur les charcuteries, avec un foie gras ou des fromages bleus. Goûtez-les sur un saucisson brioché ou un homard. - Sancerre et Pouilly-Fumé. Sec, nerveux et fruité, le blanc se goûte avec les fruits de mer, les rillettes, l’andouillette au vin et les poissons. Le rosé s’adapte à toutes les charcuteries, et le rouge à un canard ou à une dinde aux marrons. - Saumur. Un blanc sec et floral, idéal sur une côte de veau ou des rillons, et des rouges que la plupart des dégustateurs apprécient avec du mouton, un magret, voire un faisan pour un millésime plus ancien. Goûtez aussi les Crémants, très fins. - Touraine. Des vins frais et fruités, qui se boivent avec des rillons quand ils sont jeunes (pour les rosés et rouges), puis sur une volaille, des pigeonneaux, du veau grillé. Le blanc se marie avec les mêmes plats que les vins de Saumur. - Vouvray. Des blancs secs pour les fruits de mer et les poissons, et des moelleux bien typés, frais et fruités à l’apéritif ou avec les charcuteries du pays. N’oubliez pas les Crémants.

La Vallée du Rhône - Châteauneuf-du-Pape. Des rouges riches et charpentés, très parfumés, qui sentent la garrigue et les fruits surmûris, et s’apprécient sur le gibier (sanglier, chevreuil, lièvre) ou avec les truffes. Les blancs sur une cuisine riche. - Cornas et Côte-Rôtie. De grands vins rouges intenses et complexes, concentrés au nez comme en bouche, d’excellente garde, qu’il faut savoir attendre et déguster sur des plats épicés. - Côtes-du-Rhône et CDR-Villages. Dans leur jeunesse, les rouges vont parfaitement avec les viandes blanches ou les volailles (pigeonneaux). Plus vieux, ils méritent un chou farci, une daube et du gibier (perdrix). Les rosés “collent” aux terrines et aux poissons grillés, et les blancs à une escalope panée ou à un sandre au beurre blanc. - Gigondas. Le vin est puissant au nez comme en bouche, ferme, d’excellente garde et se marie aussi bien avec un gigot à la ficelle ou une selle d’agneau qu’avec des mets plus riches comme une daube ou le gibier. - Hermitage et Saint-Joseph. Idéal sur une viande rouge ou de l’agneau quand ils sont jeunes, puis, à maturité, avec un lièvre à la royale ou un salmis de colvert. Les blancs, suaves et onctueux, sur une blanquette ou un saumon grillé.

mardi 21 août 2007

Parution du Guide 2008

Ce que vous devez absolument retenir cette année

Alsace

Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).

Beaujolais

La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. Pour s’en apercevoir, il suffit d’objectivité, d’un minimum de connaissance du terrain, de modestie et de partager l’amour du vin comme le font les producteurs du Guide. Le 2006 est réussi mais délicat à maîtriser, le 2005 est très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. En Jura et Savoie, de nombreux coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la plus grande complexité.

Bordeaux

Attention aux prix des grands crus 2005, il faut savoir choisir et ne pas se faire avoir.

- Dans le Médoc, la priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour le 2005. Misez sur les 2004 et 2002, voire 2001, très classiques, encore trop jeunes à boire, et faites-vous plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90.

- Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000, superbe.

- À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix. On partage avec les propriétaires retenus dans le Guide le plaisir du vin, la modestie face à la force de la Nature, et cette convivialité propre à la région. Beaux millésimes 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Comme dans l’ensemble du bordelais, débouchez les millésimes 2000 à 90 en ce moment.

- Du plus grand vin au plus abordable, on savoure, du nord au sud de cette “entité” des Graves, une variété importante de styles de vins. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2005 à 2001, confirment mon Classement des valeurs sûres, celles où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, comme à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité. Les blancs 2004, 2001, 2000, 98 ou 97 sont excellents.

- Il y a de tout dans ces appellations de Côtes, de grands vins racés et typés comme nous les aimons et d’autres cuvées qui font la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Il s’agit donc de savoir miser sur les hommes et les femmes qui le méritent, assumant la grande tradition bordelaise depuis des années. Misez sur les millésimes 2005 à 2000, avec l’opportunité du 2004.

- Mon soutien à l’appellation des Bordeaux Supérieur ne date pas d’hier. Mes dégustations des millésimes 2005 à 2000 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 98 ou 96, excellents actuellement.

- A Sauternes, l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération. Terroir oblige, les crus développent leur propre spécificité, certains très liquoreux, d’autres tout en finesse, et les prix sont largement justifiés quand on connaît les efforts et la patience des propriétaires. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 2001, 99 ou 98 sont de toute beauté. Le 2003 est réussi, certainement moins typé, et le 2004 particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 96, 95 ou 89, où l’on atteint le grand art.

Bourgogne

Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. Élever un grand vin, en effet, c’est être aussi capable de le partager avec passion et humilité, et cela ne s’apprend pas. Voici donc ces vignerons talentueux et passionnés que je soutiens, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent largement justifiés, d’autant que les millésimes 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 atypique. Le grand 2005 suit le 2004, dans les 2 couleurs, et demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85. Attention, les prix remontent, et certains en profitent trop, ce quyi explique ma sévérité cette année.

Champagne

On est vraiment au sommet dans la région. Mon Classement est encore remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade… Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence. Certains “vieux” millésimes sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables cuvées à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le sucès de la région.

Languedoc

Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines “renommées” bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches. Les millésimes 2004 et 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux.

Provence

Il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse. L’influence des millésimes est beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série 2004, 2003, 2002 (un ton en-dessous) et 2001. Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin (2005 superbe).

Sud-Ouest

S’il s’agit de faire attention aux “microcuvées” qui apparaissent, pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachent ici à élever des vins racés comme nous les aimons. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 99, 95 ou 86) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Les millésimes 2004, 2003 et 2001 sont des réussites. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 95 ou 90).

Val de Loire

De la Touraine au Pays Nivernais, du Pays Nantais à l’Anjou-Saumur, la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable et tout concourt au plaisir du vin. Les hommes élèvent des vins à leur image. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur. Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005 très typé, très prometteur.

Vallée du Rhône

De Vienne en Avignon, les vins rouges et les blancs, du plus prestigieux au plus méconnu, sont denses, racés et chaleureux, et, pour la plupart, bénéficient d’un très beau rapport qualité-prix-typicité. Viennent alors se rejoindre la convivialité, le terroir, et la main de l’homme, qui font toujours la différence. Le millésime 2003 est parfois très mûr, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très classique, très réussi. Il faut aussi prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 98, 95, 90 ou 85, voir la Vintage Code ©, page 37.

© Voir le GUIDE DUSSERT-GERBER DES VINS DE FRANCE 2008 (Editions Albin Michel).

Voir aussi : www.patrick.dussert-gerber.com Et : www.guidedesvins.com

lundi 28 mai 2007

Côte de Beaune : les vins qui comptent en 2007

LES GRANDS VINS SONT UNIQUES http://www.millesimes.fr/photos/243-2.jpg ((http://www.millesimes.fr/photos/47-2.jpg |http://www.millesimes.fr/photos/47-2.jpg )) i la force des terroirs est omniprésente ici, on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du vin associé à une convivialité exemplaire. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre, même si on sait aussi très bien le vendre. Il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde, ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison, d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport qualité-prix-typicité, et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans notre catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations. Bien sûr, la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron peut posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares...) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est incontournable. Les Classements permettent donc de faire le bon choix.

Voir la sélection : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=BOURGOGNE&rech2=COTE-DE-BEAUNES&rech4=Y

samedi 5 mai 2007

Loire : les terroirs font les grands vins

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Dans ce Val de Loire, la force des sols est exacerbée par la volonté des hommes d’élever des vins racés, d’un remarquable rapport qualité-prix. En Sancerre comme en Saumur-Champigny, en Pouilly-Fumé ou en Muscadet, à Vouvray comme à Chinon, en Anjou ou en Touraine, on ne peut qu’apprécier ces vignerons simples et fiers, qui s’attachent à élever quelques-uns des plus grands vins blancs secs et liquoreux, des Crémants remarquables et des rouges typés, comme on les aime. De quoi se faire plaisir.

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Voir les meilleurs de l'année : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=VAL-DE-LOIRE&rech4=Y

mercredi 18 avril 2007

Les 1000 producteurs de l'année

Millesimes 2007 est sorti !!!

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Après un tour de 6 mois dans la plupart de nos vignobles, des centaines de dégustations, des rencontres, des interviews... voici ce que l’on doit retenir cette année.

Accès direct aux meilleurs producteurs, région par région : http://www.millesimes.fr/

Accès direct aux Classements 2007 : http://www.guidedesvins.com/

Voir aussi le blog personnel de PDG : http://patrick.dussert-gerber.com/

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ALSACE : les vins ont-ils évolué ?

L’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin...) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr... Et puis, comment résister à ces gouffres d’arômes que sont les Sélections de Grains Nobles et les Vendanges Tardives (issues particulièrement des Gewurztraminer Pinot Gris).

BEAUJOLAIS : les vins sont-ils reconnus comme ils le méritent ?

Paradoxalement, alors qu’un bon nombre critiquent cette région, c’est aussi celle qui fait beaucoup d’envieux avec cette extraordinaire réussite du Primeur, du vin nouveau, que, ni la Touraine, ni Gaillac ou les Côtes-du-Rhône n’ont pu contrarier. En Beaujolais, on parlait de crise mais ceux avec lesquels nous travaillons dans Millésimes ou qui nous envoient des échantillons pour le Guide s’en sortent bien, leurs prix sont très abordables, n’augmentent pas et cela prouve qu’ils conservent leur clientèle. C’est ce qui compte par dessus tout. Il me semble qu’enfin, en France, on a compris aussi que les Beaujolais pouvaient être des vins très charmeurs, très agréables mais aussi très typés et divers, des vins qui méritent d’être pris au sérieux, et pas uniquement des Primeurs à boire frais et jeunes. Là encore, il y a des incontournables : Franck et Georges Dubœuf, jalousés mais exemplaires, et un bon nombre de fidèles dont les vins, dans des appellations de Crus comme Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon ou Brouilly créeraient bien des surprises dans des dégustations “à l’aveugle”. On peut citer facilement Chavagnat, Mortet, Siffert, Miolane, Brisson, Chignard, Champagnon, Boisfranc, Lacarelle, Baronnat, Combe aux Loups, Clos du Fief, Pérelles, Py de Bulliat...

VAL DE LOIRE : la pérennité, sans péripéties.

Le vignoble de la Loire est très disparate car il est très étendu. Je connais bien, j’ai débuté ici.Pour les vins blancs, on retrouve les incidences de ces étés très caniculaires qui assouplissent les vins. Cela se ressent beaucoup moins à Sancerre, à Pouilly ou en Anjou, car le Sauvignon notamment sait conserver cettre fraîcheur qui fait sa spécificité. Un plaisir de dégustation que l’on ne retrouve jamais dans les vins étrangers souvent trop ronds et pas du tout rafraîchissants. Il y a bien sûr des différences qualitatives entre les différents vignobles. A Pouilly ou à Sancerre, ce sont des vignobles très intéressants mais qui doivent faire attention à ne pas galvauder leur notoriété, en produisant trop. Certains vins sont parfois surcôtés et il ne faudrait pas que la clientèle se demande, à un certain moment, si elle ne paye pas trop cher des vins qui ne le méritent pas. Je recherche toujours des bons rapports qualité-prix et vous trouverez les meilleures adresses dans les lignes qui suivent. Pour vous mettre en bouche, dans le Pays Nivernais, par exemple, on ne se trompe pas en poussant la porte de Thierry Redde, d’Henry Natter, des Pabiot, d’Alphonse Mellot, de Nicolas Brock, de Balland, Chevreau ou Pascal Gitton.

Toujours en blancs secs, quelques producteurs de Muscadet sortent toujours du lot, se refusant à trop arrondir leurs vins, respectant ainsi leur particularité (Dabin, Chéreau, Morilleau...), et un bon nombre d’autres élèvent de grands vins de Chenin ou de Sauvignon, aux environs de Tours, de Saumur et d’Angers (Brézé, Louet-Arcourt, Éternes, Chaise...). Ne pas oublier les Crémants et Saumur ou Vouvray, dont la locomotive incontournable est Patrice Monmousseau (Bouvet), suivi de quelques autres (Beauregard, Valmer...).

Dans le reste des appellations, par exemple, en Saumur-Champigny, Chinon... les vins restent à des prix très accessibles, ce sont des vins servis dans les restaurants grâce à leurs prix très attirants, leur qualité est certaine, les vignerons ont toujours fait des efforts, et ne sont pas rentrés dans l’engrenage de la surmaturation ou d’une surconcentration en barriques, restant fidèles à la typicité de leurs sols où se plaît parfaitement le Cabernet franc, et je les soutiens. Il suffit de citer Filliatreau, Pisani-Ferry, Buisse, Couly, Raffault, Jamet, Chaintres, Guilloterie... pour avoir des vins remarquables. Idem en Touraine (Marionnet, Mandard...), ou en Anjou-Saumur (Aupy, Paleine...).

L’autre grande force de la Loire (côté ouest), ce sont des moelleux et liquoreux de haute volée, qui, comme ceux d’Alsace, dament le pion aux “historiques” liquoreux bordelais qui ont eu tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Vouvray, Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux, Coteaux-du-Layon, autant de viviers pour exciter ses papilles avec des vins chaleureux, d’une très grande expression aromatique, de lente évolution, à des prix partticulièrement sages chez Chéné, au Clos de l’Epinay, à La Varière, L’Été, Aubert, Fardeau, Godineau...

BOURGOGNE : inattaquable pour ses vins blancs, mais on entend (et on lit) beaucoup moins d’amabilités sur les rouges. Qu’en-est-il ?

La Bourgogne est un cas à part car c’est un “petit” vignoble en France. Certes, la Bourgogne du sud dans le Mâconnais est une région assez grande mais quand on parle de la Bourgogne on fait plutôt référence à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Si l’on s’en tient donc à ces deux entités, je trouve que depuis 7 ou 8 ans les vins sont exceptionnels, que ce soit en blanc comme en rouge. On déguste des vins qui conservent cette puissance de rondeur, de souplesse et de suavité mais aussi cet équilibre avec l’acidité qui en fait des vins de longue garde.

Globalement les Bourguignons n’ont pas changé leur façon de faire le vin. Ils ont, bien sûr, évolué et se servent des techniques modernes, et c’est bien normal, mais les grands vins de Bourgogne sont quand même les mêmes que ceux que l’on goûtait il y a quelques années. Ils ont eu raison de ne pas se laisser tenter par les “sirènes” ou “confrères” qui leur demandaient de faire des vins avec plus de couleur, toujours plus concentrés... et on se rend compte que les clients acquiescent cette politique car les vins sont pré-vendus.

En blanc, c’est sûr, il n’y a aucune concurrence. Si besoin est, débouchez les flacons d’Ampeau, Antonin Guyon, Clos des Perrières, Prieur-Brunet, Carillon, Doudet-Naudin, Jaffelin, Darviot, Marey, Blondeau-Danne, Dubreuil-Fontaine, la majorité (vous lisez bien) à des prix particulièrement justifiés ou abordables. Idem à Chablis, avec des Grands et Premiers Crus très racés que l’on savoure chez Tremblay, Robin, Moreau, Geoffroy ou Laroche, toujours incontournables. Plus au sud, il y a la famille Vincent, à Fuissé ou Protheau à Mercurey, qui valent le détour. Beaucoup d’autres suivent, et sont retenus régulièrement dans mon Guide et Millésimes.

En rouge, certains pensent, en effet (et proclament, mais il faut pardonner l’ignorance), que les vins de Bourgogne ne font pas partie des plus grands vins du monde, ne parlant que de Bordeaux. Je suis intimement convaincu du contraire, quand on goûte des vins assez vieux (1976, 1989, 1996, 1997...) mais aussi les derniers millésimes, les vins sont très équilibrés, toujours assez légers en couleur mais c’est normal avec le Pinot noir. On ne plante pas du Grenache ou de la Syrah ici, et la couleur n’a rien à voir avec la qualité du vin, et encore moins avec son potentiel d’évolution. Franchement, n’y-a-t-il pas de quoi être heureux, dans toute la gamme, à tous les prix, avec les vins de Lamarche, Thomas-Moillard, Trapet, Rebourseau, d’Angerville, Clos des Lambrays, Esmonin, Monts-Luisants, Leclerc, Audoin, Prunier, Patriarche, Gerbet, Joliot... On se rend compte également que ceux qui commencent à boiser trop leur vin ne font que le dessécher, mais les cas sont minimes et proviennent surtout de quelques négociants beaunois, attirés par de bonnes notes de critiques, pour pouvoir exporter, comme les mouches par le miel.

VALLÉE DU RHÔNE : les vins sont bons et charnus.

C’est un grand vignoble, très étendu, et les vins sont très disparates. En crus comme à Châteauneuf-du-Pape par exemple, tout va bien, les vins sont cohérents quant au rapport qualité-prix qui est en accord avec la typicité et le potentiel d’évolution. Montredon, Quiot, Fortia, Mathieu... font des vins chaleureux, et, somme toute, très abordables quand on parvient à un tel niveau de qualité. Même si j’ai goûté ici de très bons vins depuis le premier Guide, les efforts se sont poursuivis également dans les appellations alentour, comme Gigondas, par exemple, où l’on se fait plaisir avec des vins à 10, 15 €, à Rasteau et à Visan, on trouve des vins formidables à des prix moindres. Vous remarquerez que ces appellations ont souvent pour fer de lance leur caves, ce qui en fait un bel exemple de solidarité qualitative et d’une motivation de toute la production.

Le Nord, avec Condrieu, Cornas, Saint-Joseph ou Côte-Rôtie, est également un vivier de beaux vins, bien que certains se soient orientés vers quelques cuvées trop puissantes ou trop marquées par le bois neuf, course à l’export oblige, encore hélas.

__PROVENCE : vers une remontée forte du rosé ? __ Ici, les vignerons ont la chance d’avoir un climat exceptionnel grâce au mistral. Ce qui a le plus évolué, c’est que l’on assiste à une belle remontée de la qualité du rosé. De gros efforts qualitatifs ont été fournis, et les rosés de Provence des propriétaires que nous connaissons (je ne parle pas de la “grande cavalerie”, toujours existante) sont redevenus des vins tout à fait intéressants avec une typicité en fonction de leurs cépages, de leurs appellations, et il y a une belle reprise de confiance des amateurs. Et là, en plus, il n’y a aucune concurrence au niveau mondial, car il n’y a rien de similaire ailleurs. L’appellation des Coteaux d’Aix en Provence va dans ce sens et l’on ne peut que l’encourager.

C’est donc un bon créneau, s’il tire vers le haut, mais qui ne doit surtout pas masquer pour autant les vins exceptionnels que l’on trouve (plus rarement) en rouge et en blanc. Passez à Bormes-les-Mimosas (Malherbe), à Taradeau (Rasque), à Bandol évidemment (Bronzo, Bunan, Olivette, Lafran-Veyrolles, Suffrene...), revenez en Côtes-de-Provence (Brégançon, Élie Sumeire, Jas d’Esclans, Sauveuse...) et vous aurez de quoi faire avec des vins complexes et charnus en rouges, suaves et vifs en blancs, qui demandent tous une cuisine raffinée et riche. Tous les vins de mes Classements sont à un beau niveau.

LANGUEDOC : est-ce toujours l’avenir ?

En Languedoc, on se cherche, et depuis bien longtemps. Faut-il faire du vin de table, du vin de qualité, planter, arracher, créer des micro vins, faire des vins de cépages, vendre de la marque Merlot ou Chardonnay (qui n’a pas grand chose à faire dans le coin) selon la cible potentielle, faire des produits pour les jeunes, pour les femmes, pour le 3e âge... La politique, les pouvoirs publics se mêlent et s’emmêlent depuis quarante ans, sans trouver de solution.

Ici, il y a également une crise sociale injustifiée à résoudre (comme à Bordeaux, on le verra plus loin) et il n’est pas excusable que le travail de centaines de producteurs ne soit pas rémunéré décemment. Ce n’est pas normal