Très rare, ma dégustation de Petrus
Par Patrick DUSSERT le vendredi 26 janvier 2007, 20:02 - Lien permanent
Mon ami Jean-François Moueix est le propriétaire de ce cru mythique.
Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe,
il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes (le terroir et
Jean-Claude Berrouet sont là), mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et
lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa
prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques
l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région
parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais, peuvent rendre aussi
hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après
année.

On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus
grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un
prix lui aussi hors normes, certes. C’est l’archétype des grands crus où le
terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on
comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs
médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de
terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin
dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom…
La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts
neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50% en moyenne).
Pour le plaisir, ce 2002 : une très grande bouteille encore très fermée.
Intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, de robe intense, aux
nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme
en bouche, très équilibré.
2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce
très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante
sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel
d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde.
2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et
ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin
d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très
grande garde.
99 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et
parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les
fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très
caractéristique des vins de Pomerol.
98 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec
des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment
superbe, encore jeune, très complexe, de lente évolution.
97 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de
truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin
vraiment très savoureux, d’excellente évolution. Pas grand chose à
rajouter.
Voir aussi son Classement :



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